Aug 05

Les intoxications les plus fréquentes du réveillon

Avec la période des fêtes de nombreuses tentations sont à portée de truffe pour nos compagnons, mais certaines peuvent s'avérer très toxiques.

♦ Le chocolat

Cette gourmandise contient une molécule : la théobromine (mais également un peu de caféine, elle aussi toxique), qui peut provoquer de sérieux troubles chez nos animaux de compagnie. Les chiens sont les plus concernés compte-tenu de leur attirance pour cet aliment, mais les chats, furets et petits mammifères de compagnie peuvent également se rendre malade par l'ingestion de chocolat.

- "Pourquoi une simple crise de foie pour moi mais une intoxications pour mon chien?"

Parce que le métabolisme des carnivores domestiques est différent de celui de l'homme, ce qui explique que les chiens et chats soient plus sensibles aux effets du chocolat car l'élimination de la théobromine est plus lente chez eux, et donc la dose toxique atteinte plus vite.

D'après les centres antipoisons pour animaux, une dose de 100 à 250 mg par kg de poids corporel de théobromine peut être mortelle. Pour un chien de 10 kg cela représente environ 450 grammes de chocolat au lait ou 60 grammes de chocolat noir. Toutefois il existe des sensibilités différentes selon les individus.

- "Quels sont les symptômes ?"

Les signes qui apparaissent en premiers (souvent dans les quatre heures suivant l'ingestion) sont : des vomissements, une agitation et des tremblements (bien que parfois un abattement soit observé chez certains animaux), de la soif, parfois de la diarrhée et une augmentation de la température corporelle. Une accélération des fréquences cardiaque et respiratoire surviennent fréquemment.

Puis des troubles cardiaques (arythmies), une ataxie (perte de l'équilibre) et des convulsions peuvent apparaître dans les cas graves. Ils évoluent vers un coma et le décès de l'animal.

- " Mon chien a mangé la boîte de chocolat, que dois-je faire?"

Consulter rapidement, car si l'ingestion date de moins de deux heures et qu'il n'y a pas de symptôme le vétérinaire peut faire vomir l'animal pour éliminer le chocolat. Un traitement de soutien sera laissé pour le retour à la maison (pansement digestif, charbon activé, ...).

Si l'ingestion est plus ancienne ou que l'animal présente des symptômes le pronostic est plus réservé car il n'existe pas d'antidote capable d'éliminer ou d'inactiver la théobromine. Le traitement sera alors symptomatique, c'est à dire adapté aux signes cliniques que présente l'animal (anticonvulsivants, perfusion, ...).

En résumé, pas de chocolat pour nos compagnons à quatre pattes même si cela semble leur faire envie. Et en cas d'accident consulter rapidement votre vétérinaire car plus rapide est le traitement, meilleur est le pronostic.

♦ Les alcools

Les plus fréquemment ingérés sont les alcools sucrés (punch, bière, ...) mais tout verre laissé sans surveillance peut très bien tenté votre chien (ou chat ou furet)...

Les symptômes apparaissent plus ou moins rapidement selon si l'animal est à jeun ou non : de 30 minutes à quelques heures. Et bien sûre en fonction de la quantité ingérée...

Classiquement il est observé des pertes d'équilibre, des vomissements, une prostration ou de la somnolence. Dans les cas les plus graves une paralysie et des difficultés respiratoires peuvent s'installer, conduisant parfois au coma et au décès par arrêt cardio-respiratoire.

Contacter rapidement votre vétérinaire pour établir le degré d'intoxication, car dans certains cas  l'hospitalisation de l'animal peut s'avérer nécessaire (perfusion, oxygénation...).

♦ Le café

Moins fréquemment incriminé que le chocolat du fait de son amertume, le café peut cependant être responsable d'intoxication chez nos animaux de compagnie.

Les symptômes provoqués par la caféine sont assez comparables à ceux de la théobromine : troubles digestifs, agitation, voir troubles cardiaques et coma.

En l'absence d'antidote, le traitement est symptomatique.

Autres accidents 

N'oublions pas que s'ils ne sont pas à proprement parlé toxiques, certains aliments peuvent néanmoins conduire à de sérieux troubles chez nos animaux de compagnie. C'est le cas notamment des os de volailles qui peuvent entrainer des troubles digestifs voir des occlusions intestinales. Les aliments très gras (foie gras) et très salés (saumon fumé), chapardés sur la table de la cuisine et consommés en grande quantité peuvent également provoquer des atteintes digestives. A cela s'ajoutent parfois une fragilisation hépatique et pancréatique pour les premiers, et une déshydratation et des troubles neurologiques pour les seconds.

 

Pour passer de bonnes fêtes il vaut donc mieux être vigilants, et en cas d'accident n'hésitez pas à contacter votre vétérinaire ou son service de garde. Les centres antipoisons animaux peuvent également vous renseigner : CAPA ouest (centre antipoison de l'école vétérinaire de Nantes) 02 40 68  77 40.

 

 

News

Ce communiqué fait suite à l’allocution de Jacques GUERIN, Président du Conseil National de l’Ordre des Vétérinaires, que vous pouvez visionner sur le lien suivant
https://www.youtube.com/watch…
https://www.veterinaire.fr/…/message-de-jacques-guerin-aux-…

"La suspension du libre accès des établissements de soins vétérinaires (ESV) signifie un passage en mode de gestion de la Permanence et de la Continuité de Soins (PCS) uniquement dans un régime de Gardes-Astreintes.

Cela concerne les animaux malades et/ou blessés qui nécessitent des soins, soit en urgence, soit pour prendre en charge une situation amenée à devenir urgente à court terme.

En d’autres termes, tout ce qui est prévention et/ou non indispensable doit être différé jusqu’à un retour à la normale.

En journée, et pendant les horaires d’ouverture habituels de l’ESV, la structure vétérinaire assure elle-même sa PCS selon les règles déontologiques en vigueur, plus que jamais nécessaires au maintien d’une égalité effective et solidaire entre les structures vétérinaires.

Les rendez-vous se font exclusivement après régulation téléphonique par la structure ou par une société dédiée.

Il est aussi possible de s’organiser avec la création, dans un cadre réglementaire, de micro-services de garde temporaires dans la journée à plusieurs structures.

Si, par exception, en raison d’une contrainte majeure (contamination du personnel soignant entraînant la fermeture, impossibilité économique, garde d’enfants à la maison,…), un ESV choisit de déléguer sa PCS à une structure d’urgence, en considérant que celle-ci reste en mesure de respecter toutes les règles de biosécurité en cours, elle doit signer une convention à cet effet : une bonne régulation téléphonique s’impose de même que la transmission de la convention au Conseil régional de l’Ordre.

Bien sûr, tout professionnel confiné peut, par solidarité, offrir ses services au bénéfice de la collectivité (régulation téléphonique par exemple).

La nuit, les dimanches et les jours fériés, les ESV mettent en application leurs règles habituelles de PCS, fixées dans leurs Conditions Générales de Fonctionnement, le cas échéant dans le respect des conventions de PCS et/ou du service de garde déclarés. Les circonstances y ajoutent la contrainte supplémentaire des règles de biosécurité pour les structures accueillantes.

Les décisions prises sont aussi nécessaires qu’indispensables et visent à nous protéger, d’une part, et à protéger la collectivité humaine d’autre part. Il faut donc impérativement réduire les contacts interpersonnels au strict nécessaire. A chacun d’entre nous d’exercer ses choix en conscience dans son environnement.

Chaque vétérinaire jugera en son âme et conscience ce qu’il estime être une urgence ou une maladie allant le devenir : nous sommes rompus à cet exercice.

A chacun d’entre nous, dans ces circonstances difficiles, totalement inédites, de prendre la mesure :
-de la situation évolutive, rationnellement, sans tomber dans la sinistrose collective ;
-de sa responsabilité individuelle qu’il doit exercer avec lucidité
-de la solidarité collective qu’il doit mettre en œuvre avec zèle, constance et dévouement.

Des directives et préconisations sanitaires sont prises au niveau national. Même dans le respect de celles-ci, le risque de contamination est réel. Nous devons tous participer à l’effort collectif afin de casser la chaîne de contamination du COVID-19.

Les Présidents des CROV sont garants du respect des règles déontologiques et de l’attitude éthique des vétérinaires. Face à des faits avérés, soyez assurés qu’ils tireront toutes les conclusions en matière d’éthique professionnelle et de déontologie en saisissant les chambres de discipline qui apprécieront.